Textes

PORTRAIT

Portrait par écrit par Léo Bioret, critique d’art et commissaire d’exposition, pour le Pôle de Arts Visuels Pays de la Loire en octobre 2018

Militant pour un regain de la peinture dans la diversité de ses expressions, Fred Maillard révèle sa complicité avec l’image, celle qu’il photographie comme prise de notes mais surtout celle qu’il peint.
La peinture est devenue son rapport au monde. Il réfléchit à l’insaisissable du paysage et sa représentation par les images combinatoires, les associations visuelles et les résidus de matière. Il fait la part belle aux zones « aveugles », que l’on a appris à ne pas voir. L’imagerie mentale qu’il produit place le regard sur des évidences nourries de « pourquoi pas ?».

Il parcourt régulièrement les Pays de la Loire où il vit et s’imprègne des expositions et des rencontres artistiques de son territoire. Diplômé des beaux-arts de Paris en 1997, il enseigne depuis 1999 la communication visuelle à l’École de la Nature et du Paysage de Blois.

Marqué par la gazéification de l’art d’Yves Michaux ou bien les solutions plastiques de Marc Desgranchamps il est attiré par les peintres qui fouillent la modernité picturale et interrogent la condition de l’image. « La peinture est irréductible. »

Ce qui l’avive c’est la friction qui émerge des rencontres de la pensée. Il a ainsi imaginé avec Jérôme Barbe et Franck Léonard la plateforme Terrain de Jeux. Depuis un an, une synergie s’est mise en place autour de la discussion : l’exposition, l’édition et les invitations ponctuelles.

Il met en avant un certain déterminisme de conditionnement. « La peinture est un art de l’attention, une intériorité nécessaire à la préparation de l’image. »

Léo Bioret

NOTICE

Notice rédigée par Patrick Bazin, scénariste et éditeur, pour l’introduction de l’exposition au domaine Frédéric Mabileau, à St Nicolas de Bourgueil, .

La peinture de Fred Maillard est toujours le fait de collisions improbables : celles d’univers si distants que toute rencontre nous semble impossible. Fred Maillard relie, fait la synthèse de ces réalités qui nous échappent. Il n’y a pas que la ville ou la campagne. Il existe aussi des lieux où coexistent la ville et la campagne, le monde du travail et le monde des loisirs, la technologie et l’archaïsme. Ces univers, habités de signes, d’hommes, d’objets s’interpénètrent les uns les autres dans des frontières que nos esprits peinent à se représenter. Il est vrai qu’ils se dégradent, perdent de leur magnificence lorsqu’ils sont en contact. Les abords des villes ne sont jamais séduisants…. Le mystère des titres donnés à chacune des œuvres nous aide à mettre de côté les images cellophanées que l’esprit attribue automatiquement aux éléments picturaux. Le trader, la campagne, l’astronaute ou la charte graphique d’un office de tourisme régional se dissolvent pour mieux recomposer l’univers dans lequel chacun perd son sens et sa nécessité. Cet univers, « Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat, — Hypocrite lecteur, — mon semblable, — mon frère ! puisque c’est le nôtre ».

Patrick Bazin